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[INTERVIEW] NAOS – Le BIM vraiment pour les archis



Martin Lucas est architecte et il rêvait d’un logiciel BIM vraiment souple et intuitif. Il aurait pu s’arrêter là, mais il a préféré concevoir NAOS.pro, un outil BIM (vraiment) innovant. Il nous parle de son aventure, des défis à venir et de la magie d’entreprendre.
Bonne lecture !


Martin peux tu nous présenter NAOS ?

L’idée de NAOS est né d’un constat : alors que les architectes sont poussés par les institutions (Union européenne, Gouvernement) à adopter le BIM, celui-ci est peu adapté à la réhabilitation. Il ne permet pas de documenter fidèlement les ouvrages existants et constitue plus une bibliothèque de composants à assembler qu’un véritable atelier de conception. Le principal avantage actuel du BIM est le gain de temps quand il y a répétition d’éléments.
Si certains éditeurs mettent l’accent sur la génération de formes paramétriques « libres », ces fonctions ne répondent qu’à un très faible pourcentage de projets.

En résumé, les architectes disposent maintenant d’un excellent catalogue IKEA, mais pas de l’établi du menuisier.

Pourtant, 50% des réalisations d’architectes sont des réhabilitations. Ce mouvement va s’accentuer avec les nombreuses rénovations énergétiques prévues dans le cadre de l’Accord de Paris. Nos outils ne risquent-ils pas d’être un frein à ces nécessaires mutations ? Naos apporte la solution avec un outil BIM adapté.


« Le plus dur, c’est de ne pas avoir essayé, et se demander le restant de sa vie, si ça aurait marché. »


Quel est l’avantage de NAOS par rapport aux autres outils BIM ?

Naos proposera des outils de modélisation sans référence à des éléments architecturaux : oubliez murs, toits, escaliers, etc. Nous avons dégagé les caractéristiques principales de ces éléments et conçu des outils capables de réaliser des parois et des profils complexes, quelle que soit leur composition et leur inclinaison.

Tout a été repensé dans une logique qui permette de traiter rapidement et librement le particulier, plutôt que de s’attacher au général.
Adieu les calques, classes, catégories, dossiers : bonjour les mots-clés (tags). Il permettront des filtrages croisés, par matériau, par phase, par fournisseur, par époque, de manière totalement libre. Qui plus est, il sera possible enfin de gérer le temps comme une dimension à part entière : des lignes de temps permettront de positionner tout objet dessus, quel que soit le but : archéologie, animation, phasage.

Où en es-tu dans le développement du projet ?

Nous en sommes au moment charnière : après une longue phase de maturation du design, nous avons lancé une levée de fonds pour financer le développement. Publics, privés, institutionnels, nous pensons que chacun(e) peut se reconnaître dans ces problématiques : améliorer l’existant, réduire la sinistralité, mieux prendre en compte le patrimoine, améliorer l’efficacité des architectes sur de petits projets.


« En résumé, les architectes disposent maintenant d’un excellent catalogue IKEA, mais pas de l’établi du menuisier. »


Comment l’architecte que tu es se retrouve t-il à concevoir un logiciel BIM ?

Tous les projets ayant fait évoluer un secteur sont nés d’une insatisfaction d’un utilisateur. Bien sûr, on peut citer Apple, mais aussi chez nous Capitaine Train, devenu Trainline. Cette insatisfaction découle souvent d’une vision assez claire de ce que le service pourrait être.
Dans mon activité d’architecte, je vois l’organisation du travail lui-même, comme un projet digne de ce nom : quel type de document va être à la fois le plus simple à réaliser, et le plus parlant pour le maître d’ouvrage ? Comment supprimer une étape de la chaîne de publication ? Comment réduire au maximum le nombre de pages de mes contrats ? Cette logique s’est heurtée à l’organisation très normée et rigide des logiciels BIM, sans parler d’interfaces peu ergonomiques. Nos ordiphones nous ont habitués au bon design et à l’ergonomie, ce qui rend encore plus flagrantes les carences de nos logiciels métiers.

Quels sont les plus gros défis que tu as relevés ? Et ceux qui restent à affronter ?

La marque NAOS est déposée à l’INPI depuis février. C’est là que je me suis dit « ça y est, c’est parti ». Un défi n’est pas difficile à relever. Le plus dur, c’est de ne pas avoir essayé, et se demander le restant de sa vie, si ça aurait marché. Je n’ai vraiment pas envie de ça !

Ces derniers mois, le défi a consisté surtout à rassembler une équipe compétente sur le projet, des profils rares, très demandés par les banques, gourmandes en algorithmes et applications de micro-trading. Mais l’intérêt pour le projet a pesé dans la balance, et tout le monde est très motivé. D’autres compétences qui a priori semblent peu concernées, s’y sont ajoutées : historienne de l’architecture, spécialistes en imagerie pour la santé, etc.

Tu t’attaques à des mastodontes qui travaillent sur le BIM depuis 20 ans comme Advent. Le challenge n’est-il pas trop ambitieux ?

Nos approches sont complémentaires : à eux les constructions neuves où la répétition et la standardisation permettent des économies d’échelles, à nous les petits chantiers en lien avec l’existant : il faut être avant tout souple, efficace, contextuel. Rien de semblable à NAOS n’est sorti depuis 20 ans. Alors soit c’est parce que c’est impossible (comme, au hasard, faire voler plusieurs tonnes d’acier ou prévoir la météo à 15 jours), soit c’est parce qu’ils n’y ont pas pas pensé, soit ils y ont pensé, mais le marché n’était peut-être pas mûr. Mes discussions avec de nombreux confrères me font penser que le marché a évolué.


« …apprendre et ne pas avoir peur de l’échec… »


Un conseil à donner aux architectes qui veulent se lancer dans l’entreprenariat, notamment ceux qui veulent sortir de l’activité « traditionnelle » en agence ?

Mon seul conseil serait de continuer à faire ce qu’ils font tous au quotidien : apprendre et ne pas avoir peur de l’échec. Notre formation n’est jamais finie quand nous sommes architectes, et c’est exactement l’attitude avec laquelle j’aborde cette nouvelle étape.

Si je trouve Naos génial comment puis-je aider ou rejoindre l’aventure ?

Le site NAOS.pro dispose de deux formulaires de contact. Vous n’êtes pas obligés de remplir toutes les cases. Laissez quand même vos coordonnées, ça peut servir !

La brique de fin ?

Le Naos est la pièce la plus sacrée d’un temple grec, mais est aussi l’acronyme de aN Architectural OS. C’est pour signifier la vocation multiplateforme de l’application : elle aura le même aspect partout !

Merci Martin




Pour retrouver toutes les actualités de Naos n’oubliez pas de suivre le projet sur Twitter @getNAOS et bien sur de vous rendre sur le site NAOS.pro.




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